RENATURATION DE LA PLAGE DE COLLIGNON - Ville de Cherbourg en Cotentin - Paysagiste urbaniste mandataire 



  • Le projet paysager s’inscrit dans l’objectif de réaliser un aménagement exemplaire en terme de développement durable. Le paysage primaire du site se transpose et intègre la fonctionnalité des espaces extérieurs dans les formations végétales indigènes avec un esprit biomimétique.   

    Côté mer, la dune blanche est renaturée, la zone est entièrement piétonisé et une zone humide arrière littorale caractéristique du Val de Saire est restaurée qui permet de gérer les eaux pluviales. Les landes des dunes grises à ajoncs et à arbres anémomorphosés masquent les parkings en protégeant le site des vents d'ouest et du sud-ouest. En front marin, un petit jardin naturaliste des flores littorales du monde futur rappelle la vocation scientifique de la Ville de Cherbourg et de ses caporniers, marins aux longs cours et de ses explorateurs tel Emmanuel Liais.

    La renaturation littorale de Collignon s'inscrit aussi dans la poésie du site en magnifiant les éléments naturels. D’abord Le vent par sa végétation et sa volumétrie anémomorphe (formé par le vent) puis l’eau avec une zone humide dont le niveau fluctue au gré des averses et des orages.


    Transect écologique biomimétique :

    Au niveau du contexte du projet, une petite séquence dunaire résiduelle prend place entre la digue Est de la grande rade de Cherbourg et le site. La côte alentour a été beaucoup construite au détriment de la végétation sauvage; bien sûr à l’ouest du site avec les aménagements portuaires mais aussi à l’est du fait de l’urbanisation. Il est intéressant de profiter du projet pour rétablir le transect originel de la mer à la terre, en effet la rareté de ce type de situation confère à ces écosystèmes une très grande valeur botanique et écologique. A travers ces formations halophiles (qui aime le sel) qui se définissent par leur éloignement ou leur proximité par rapport à la mer, au sel et au vent, nous proposons d’intégrer les équipements de l’Institut. 

    Grâce aux déblais générés par le projet du fait des déconstructions des reliefs seront créés, dans une logique d’économie de moyen, cet aménagement permettrait de limiter l’exportation coûteuse de matériaux du site.

    Tout autour de grandes graminées typiques des dunes les oyats Amnophila arenaria et des Elytrigia juncea sont plantées dans 50 cm de sable coquillier. Cela constitue la première association végétale de référence qui pourra accueillir une biodiversité plus importante au fil des ans comme les Euphorbia paralias, les panicauts de mer bleutés Eryngim maritimum et les Liserons soldanelles aux fleurs roses Convolvulus soldanella.


    La zone humide arrière littorale de gestion des eaux :

    Autrefois la zone était occupée par des mares très légèrement saumâtres comme en témoigne la carte des environs de Cherbourg de Jean Magin établie au début du 18e siècle. On observe sur ce document particulièrement précis une géomorphologie d’îles orientée Est-ouest, dans le sens des vents dominants.
    Nous proposons de gérer l’essentiel des eaux pluviales du site (environ 300m3) dans un bassin toujours en eau qui reconstitue l’écologie originelle du site. La quantité d’eau à traiter est réduite grâce à de nombreux revêtements perméables réalisés en stabilisé. Un complexe d’argile et de géotextiles en pente douce permettra la mise en place d’une zone de gestion des eaux à débit régulé. Ce plan d’eau permettra en outre d’attirer sur le site de nombreux oiseaux tels la Bergeronnette flavéole, le Tarier des prés, le Pipit farlouse, l’Alouette des champs, le Bruant des roseaux, le Phragmite des joncs, le Vanneau huppé, le Courlis cendré et dans les zones plus arbustives prendront place le Butor étoilé, la Marouette ponctuée, le Busard cendré, le Busard des roseaux, ou la Gorgebleue à miroir qui recherchent pour établir leur nid des parcelles à végétation dense plus ou moins humides.
    Devant l’institut prendra place des espaces ouverts qui ne demanderont qu’un entretien très limité.

    La dune grise et la frange forestière anémomorphe:

    Pour bien protéger le site des vents la limite ouest sera végétalisée par une succession de dunes alternant les front sableux côté mer - planté d’oyats - et les revers plantés d’arbustes aux formes sculpturales comme les ajoncs, les saules des dunes, les aubépines, les pruniers sauvages qui constituent des déflecteurs sculptées par les tempêtes.
    Un chemin périphérique permettra de réaliser des exercices de marche ou de course sur ce linéaire. La clôture actuelle sera conservée et intégralement intégrée dans cette végétation. Au fur et à mesure du cheminement les essences évoluent pour commencer à constituer de petits boisements de chênes Quercus robur également carénées par les embruns marins. 

    Les parkings sont totalement intégrés dans cette végétation ce qui permet de masquer intégralement les voitures sur le site. Les places de stationnement se répartissent le long de la voie sud et est. Nous proposons de réduire un peu la jauge actuelle des parkings présents sur le site dans la mesure ou le nouveau parking de la plage de Colignon sera situé en contiguïté avec l’entrée principale au sud ouest du site.

    Un parking vélo est réalisé grâce au réemploi de la serre, au sud du site immédiatement après le parking sud. Ce volume participe à atténuer le vent et le confort dans l’espace central du jardin.

    Le jardin des flores littorales du monde futur:

    En front de mer, il y a un espace abrité qui permettra de créer un lieu de rencontre pour les étudiants et un autre plus intime pour les enseignants. Afin de renforcer le caractère abrité de l’espace nous proposons la création d’une alcôve plantée sur sa périphérie d’un flore littorale qui pourra s’enrichir des graines et des plantules ramenées sur le sites par les chercheurs et les étudiants parties en voyages et missions d’études. Grâce au climat hyperocéanique de Cherbourg qui connaît très peu le gel, il sera aussi possible de préfigurer un jardin adapté au changement climatique préfigurant en quelque sortes un jardin du futur. Le but de cet espace n’est bien sûr pas de générer des coûts d’entretien important pour l’École mais de permettre dans un esprit naturaliste aux botanistes de laisser une trace végétale de leur passage. Le sol de la terrasse pourrait être également réalisé en pierre bleue de Cherbourg clin d’œil à un jardin des 5 océans. Il n’existe pas à l’heure actuelle de jardin botanique spécialisé dans la flore littorale boréale tempérée, celui-ci pourrait être une des fierté du centre.

    Revêtements des sols, économie de projet:

    Les jeux de calepinage seront créés avec des pavés fabriqués avec des coquille Saint-Jacques et des coquilles d'huitre. Le dessin des vagues évoque celui de la place de Dom Pedro IV à Lisbonne ou Copacabana réalisé par Burles Marx.

    La pierre bleue de Cherbourg du jardin pourra constituer les assises et le sol du jardins des de la flore littorale et les assises.

    Le revêtement en stabilisé type arène granitique de Fermanville sera utilisé pour les zones de déambulation et les cheminements secondaires afin de conférer au site une grande porosité. 

    Droit au noir: Dans un esprit écologique les zones éclairées seront réduite aux cheminements principaux relainant l’entrée, le cheminement rélié aux stationnements sud PHMR, le parvis nord et l’espace central. La faune sauvage ne sera pas dérangée par un éclairage intrusif. 

    Gestion différenciée des espaces verts: 

    Actuellement le site est entièrement végétalisé par une pelouse qui demande un entretien régulier (environ 10 tontes par an). Nous proposons de réimplanter des formations végétales indigène qui ne demandent aucun entretien. Les surfaces tondues seront très réduites et limitées à quelques zones au niveau de l’amphithéâtre extérieur notamment. L’apparente luxuriance du projet demandera en réalité un entretien tout à fait minime équivalent à celui des zones naturelles ouvertes au public. 


    Le projet d’aménagement extérieur d’Intechmer reflète la vocation maritime du site. Nous proposons un projet rationnel intégrant les économies de moyens. Les déblais du bassin et les matériaux de démolition sont réutilisés pour créer des aménagements paysagers.
    Ce jardin dessiné par le vent par sa spécificité et son dessin biomimétique participera à l’image, au rayonnement du centre et à offrir un cadre agréable unique aux étudiants et au corps enseignant.
    Notice technique de génie végétal :


    Protocole de déplacement de plantes herbacées et ligneux prélevées en nature pour être replanté sur le chantier de INTECHMER à Cherbourg

    Les plantes provenant de pépinières n’ont pas la diversité génétique d’une formation naturelle. Les sujets sont constitués de clones ce qui les rend beaucoup plus fragiles aux maladies. Nous proposons de réaliser les plantations du projet grâce à la réalisation de prélèvements sur des sites en mutation comme la zone constituée par le futur parking au sud ou sur d’autres sites à l’écologie similaire que nous avons identifiés en accord avec leurs propriétaires. Des contrats de culture avec des pépinières spécifiques pourraient compléter cette démarche. Le projet pourrait être un chantier pilote auquel pourrait être associé le conservatoire du littoral ou le conservatoire botanique de Brest ainsi que le département paysage de la Ville de Cherbourg.

    MOA : Cherbourg en Cotentin
    SURFACE : 18 hectares
    BUDGET :  Périmètre élargie 22,4 Million d'Euros
    CALENDRIER : Lauréat 2022 - Mission complète en cours - Livraison 2026
    EQUIPE : SEMPERVIRENS Paysagiste-urbaniste mandataire - VRD LMO, EXECO Environnement, Géodunes Expertise et Mesures en Géomorphologie, Hydrodynamique Adrien Cartier
    EQUIPE SEMPERVIRENS : Frédéric-Charles AILLET, Xiaofei Xang, Noémie Toularastelle, Fanny Silou
    ARCHITECTE du bâtiment Intechmer construit en 1981  : Jacques Rougerie

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